Les Desperate Housewives à Monte-Carlo
Dans le Club des cinq désespérées
KARIN TSHIDIMBA
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Les ménagères de moins de cinquante ans sont enfin devenues héroïnes de télé ! En septembre, les «Despe- rate housewives» feront leur entrée remarquée en Europe. Projection et rencontres en avant-première au Festival de télévision de Monte-Carlo.
À MONTE-CARLO
Avec l'arrivée en direct de Rome de l'équipe de «Desperate housewives», série phare de la rentrée 2004 aux Etats-Unis, le Festival de Monte-Carlo a pris, mercredi soir, sa tournure la plus glamour. Brenda Strong, Marcia Cross et Nicolette Sheridan, trois des cinq «Ménagères désespérées» ont fait une entrée très remarquée sur le Rocher.
(Edit par moi : il y en a six en fait !)
Enorme succès de la rentrée dernière aux Etats-Unis, avec un public de 21 millions de fidèles tous les dimanches soir sur ABC, la série s'apprête à faire son entrée en France en septembre sur Canal+ (et ensuite sur RTL TVI). Raison pour laquelle la chaîne cryptée, qui mise beaucoup sur le succès de cette satire de la middleclass des banlieues américaines, a tenu à organiser cette grande soirée de lancement à Monaco.
Véritable phénomène aux Etats-Unis, les «Desperate housewives» ont envahi les émissions et magazines people et si leur public est composé à 80 % de ménagères de moins de 50 ans, un nombre croissant d'hommes se disent séduits par elles. Comble de la notoriété, la «First lady» elle-même se définit comme une «Desperate housewife» et a reconnu, au cours d'un dîner officiel, suivre le feuilleton «pendant que M r Rigolo dort!» (sic).
Semblant prendre la succession de «Sex and the city», la série «brise de nombreux tabous autour de la vie de femme au foyer en montrant des mères, souvent harassées, capables de tous les péchés capitaux, et cruelles entre elles lorsqu'il s'agit de ravir le coeur d'un homme», explique Michael Edelstein, producteur exécutif.
Humour, sexe et suspense
Mariant le suspense, l'humour noir et les allusions légères, la série met en scène un quintet de quadragénaires plus ou moins névrosées, secouées par le suicide (dès le 1er épisode) de la plus sereine d'entre elles: Mary Alice (Brenda Strong). Le quatuor mal reformé compte Bree (Marcia Cross) qui concourt chaque jour pour le titre d'épouse et de mère parfaite; Susan (Teri Hatcher), récemment divorcée, gaffeuse et désemparée; Lynette (Felicity Huffman), mère débordée de quatre enfants assommants; Gabrielle (Eva Longoria), épouse richissime, délaissée et délurée. Un cocktail qui ne serait pas suffisamment épicé sans Edie (Nicolette Sheridan), défendant sans relâche son titre de vamp du quartier.
Déjouant les codes traditionnels de la sitcom (comédie de situation) et du soap (feuilleton sentimental) pour loucher, par moments, du côté de «Twin Peaks» (divers mystères hantent le quartier), «Desperate housewives» pousse aussi à se poser les vraies questions sur la maternité, l'éducation des enfants, la sexualité... Une belle réussite pour une série qui se révèle avant tout drôle et agréable à regarder... «Si le public nous suit tellement, c'est parce qu'il s'identifie aux problèmes rencontrés par ces femmes», insiste Nicolette Sheridan.
Il n'y a là finalement aucun hasard puisque Marc Cherry, créateur de la série, dit s'être inspiré des confidences de sa mère concernant sa vie d'épouse et de femme au foyer - qu'il avait toujours considérée comme parfaite - pour imaginer son histoire... «Je me suis dit que si ma mère avait pu vivre de tels moments d'abattement, d'autres femmes avaient dû connaître la même chose...». Postulat vérifié.
© La Libre Belgique 2005